Après 4 mois de ski, de cascade de glace et de séances de grimpe en salle, il devenait urgent de reprendre le chemin des falaises ! Mais pas dans n’importe laquelle, à Presles évidemment ! Il aurait été raisonnable de commencer d’abord par une voie de 6 ou 7 longueurs. Mais une fringale irrépressible nous a fait perdre la raison.
Dans le secteur des Grottes de Choranche nous avons enchainé :
– les 6 premières longueurs de « Satori »
– suivi de 2 longueurs dans « Totalgaz »
– suivi de 4 longueurs dans « Gazogum »
– pour conclure par les 4 dernières de « Cosmos » qui aboutissent sur le plateau non loin de la sente qui mène à la « Rampe de Choranche »
Après ces 16 longueurs très soutenus, il était temps de quitter la table…. Même François notre infatigable trublion, dans la force de l’âge, était bien entamé. Quant à moi je suis sorti complètement explosé, il faut dire que tirer sur les dégaines ça fatigue énormément, n’en déplaise aux esprits chagrins !
En résumé, 280m de grimpe en 6h pour :
– 10 longueurs de 6a à 6c
– 4 longueurs de 5b à 5c
Des cotations sèches bien loin de ce que l’on rencontre en salle de grimpe ! La météo ensoleille a été bizarre, avec à mi-paroi du froid et de fortes rafales de vent du nord sur 2 longueurs, puis plus rien !
Des plus fous que nous en mal d’adrénaline ont sauté en base-jump du haut du « Triangle de Choranche » et ont plané un petit moment avant d’ouvrir leur parachute : magique…
Quand je ne pourrai plus grimper je pense que je m’y mettrai aussi ! Ça a l’air facile non ? Mais il va falloir que j’en parle à Marie-Pierre !
Du 7 au 14 mars, nous étions dans le massif des Encantats, situé dans les Pyrénées Catalanes. Nous avons eu de la chance avec une météo parfaite les 6 premier jours et des conditions de neige excellentes. Les Encantats sont un massif « taillé » pour le ski de rando dans un cadre fabuleux : lacs, parois et blocs granitiques dans lesquels se nichent des arbres audacieux.
L’accueil dans les refuges et la gastronomie locale sont exceptionnels, on a certainement du prendre quelques kilos, tant pis ! C’est un peu loin, mais la visite en vaut la peine Nous étions 4 du Caf Matheysine, 8 du Caf de Lyon et de l’Asvf-Montagne de Villefontaine : Dominique, Huguette, Josette, Marie-Paule, Marie-Pierre, Bernard, Gaëtan, Jean-Christophe, Jean-Noël, Michel, Robert et Yves. Par paresse et par amitié, je copie ci-dessous le déroulement que Jean-Christophe, l’organisateur de cette belle semaine, a déposé sur « Skitour ». Il est très très bien fait : un grand merci à toi JC ! Je précise que Dominique, Josette et Jean-Christophe y étaient allés il y a 2 ans avec une météo très inégale…
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« J1 : trajet Lyon-Arties (bien 2 km en direction du pont de Ressec) + montée au refuge de la Restanca (bon accueil, douches chaudes) mais bâtisse austère
J2 : traversée du col (Coret de Oelhacrestada) puis sommet du Montardo.
Pas mal d’Espagnols ce dimanche (dont certains à pieds !)
Nous ne sommes que quelques uns à monter à ski la dernière pente.
Bonne descente en moquette dans les pentes ensoleillées jusqu’au refuse Ventosa i Calvell. Il y a un nouveau poêle ! L’ambiance y est beaucoup plus agréable. Et la nourriture très bonne. Mais pas de douche.
J3 : Punta Alta en A/R, en suivant Jean-Pierre et Jo de Pau. Alternance de poudreuse et de zones bien dures. Couteaux indispensables. Et à la fin crampons pour les 200 derniers mètres. Belle ambiance pour rejoindre le sommet.
A la descente le haut n’a pas dégelé mais ensuite c’est poudre (10 cm) et moquette. Miam !
J4 : traversée sur le refuge Estany Llong en passant par le col de Contraix et le Pic du même nom. Crampons dès le bas de la pente du col et pour le sommet. Montée/descente par le couloir de droite puis l’arête vers la gauche et le couloir au-dessus du couloir de gauche. Belle ambiance ici aussi. Il aurait été plus rapide de prendre le couloir de gauche directement. Très beau sommet.
Descente en neige dure puis moquette. Nous n’osons pas prendre le « déversoir » sous le lac de Contraix. Vu d’en bas, pas de regret, il y avait des boules.
Plus bas, forêt ravagée par une grosse avalanche.
Après la passerelle, nous passons au refuge d’hiver (Centraleta) et nous nous engageons le long du torrent. C’est magnifique mais c’est un piège ! En plus on le savait ! Demi-tour pour reprendre la trace normale jusqu’au refuge d’Estany Llong. Il n’y a que nous ce soir-là ! Royal. La cheminée est renforcée d’un poêle à gaz et il y a même une douche chaude (qui fait aussi WC !). Bon accueil, bon repas.
J5 : Nous montons tranquillement jusqu’au Portarro d’Espot et au sommet du Portarro. Vue sur l’immense vallon d’Amitges et ses sommet alentours.
Descente en moquette jusqu’au lac de St-Maurici avec la vue sur les fameux Encantats (2 pics jumeaux). La légende dit que ce sont 2 frères partis à la chasse au lieu d’aller à la messe et qui auraient été pétrifiés !
Conseil : ça vaut la peine de descendre jusqu’au bord du lac, c’est vraiment beau ! Remontée jusqu’au refuge d’Amitges en prenant les pentes de droite au début jusqu’à la piste qui vient de la vallée. L’arrivée sur le refuge est magique, avec l’aiguille d’Amitges qui le domine.
Le refuge est très confortable. Il fait chaud, on y mange bien, l’accueil est remarquable, il y a 2 douches. Le paradis, quoi !
On y retrouve le stage d’initiateurs CAF (bien le bonjour)
J6 : petite descente pour rejoindre le vallon des aiguilles de Bassiero et ses magnifiques arêtes de granit. Passage au Coll de la Coma de l’Abeller (en crampons) puis la tranquille pente E du Pic de Bassiero. Descente par le même itinéraire, neige excellente. Tapas, charcuterie au retour !
J7 : les prévisions météo ne sont pas bonnes. Pourtant le matin, le ciel n’est pas trop chargé. ça va le faire se dit-on. Et bien non, alors que nous montons vers le port de Ratera tout se bouche et une fois de plus, on ratera le Tuc de Ratera (OK, c’est moyen).
Descente vers le refuge de Saboredo au GPS au début puis à vue. Plein de congères à contourner. On comprend pourquoi on avait eu du mal il y a 2 ans (dans la purée de pois la plus complète).
Le refuge a été agrandi et assaini. C’est beaucoup mieux mais les toilettes sont toujours à l’extérieur (dans la cabane).
L’accueil de Julian est toujours extraordinaire : ce qu’il fait à manger et ce qu’il raconte. Un vrai plaisir d’être là.
J8 : il neigeote (10-15 cm de poudre). On renonce à la traversée par le col de Sendrosa et le Tuc de Salana. Descente « directe » par le vallon. Plusieurs petites remontées agrémentent le parcours. Nous finissons à Baqueira (petite station). Taxi jusqu’aux voitures pour les chauffeurs et retour maison dans la journée. »
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La saison de glace avait démarré mollement par un mois de décembre et un début janvier particulièrement chauds. En ce mois de mars, toutes les cascades de la vallée de la Romanche, situées en versant nord, sont pour la plupart toujours en excellentes conditions ! François, gai luron, franc du collier et solide montagnard, étonnamment, n’avait jamais grimpé à la Grave ! Cet oubli, cette coupable légèreté, je dirais même plus cette négligence sont désormais effacés ! Notre gaillard a complété ce jour sa liste de course par le Doigt d’Astaroth et la Goulotte éponyme. Il faut dire que notre diable rouge (reconnaissable à sa veste) est aussi à l’aise dans le maniement des piolets crampons que dans l’ouverture des 12 bouteilles d’un pack de bières !
Mais plus que des discours : de l’action, des images :
Avec Patrick nous avions convenu de faire « Diabolobite » une cascade en grade V, qui les bonnes années propose un départ direct en V+. Pour l’avoir parcourue 2 fois dans mes jeunes années, j’en garde malgré mon « Alzheimer » précoce, d’excellents souvenirs. Après une dizaine de jours de gros froids j’étais persuadé que notre affaire serait en condition. Que nenni : rien dans le départ direct et au dessus une draperie pendouillante à escalader les jours de grosse déprime amoureuse…. Mais fidèle au dicton « une de perdue, dix de retrouvées », nous voilà sauvés par la classique des classiques : « Colère du ciel » ! Les longueurs 5 et 6 sont les plus belles et de cotation IV en prenant au plus raide. Comme toujours en cascade les difficultés rencontrées dépendent énormément de la qualité de la glace. Pour exemple, au plus raide dans la cinquième longueur la glace était sorbet, donc plutôt facile, mais en contre-partie, nous avons étés gênés par une douche abondante ! Un comble, sous un ciel tout bleu !!! Par contre dans la 6ème, pas de douche mais une glace cassante plus énergivore… Tous les relais sont en place, descente en rappels dans la voie.
Dans les années 80, les découvreurs et ouvreurs de cascades de glace étaient des poètes. Écoutez plutôt : « Orgasme, Phantasme, Ectoplasme, Erection, Cagade, Obsession, Verges du Démon, Valseuses » et j’en passe… Autant de jolies noms pour de belles lignes verglacées. Avec Didier et Régis, ce mercredi, nous nous sommes contentés de la « Croupe de la Pouffiasse ». Une très belle classique des Fréaux dans la vallée de la Romanche. La troisième longueur remonte une colonne raide et soutenue sur 40m. Les 10 derniers mètres dans une ambiance « magasin de porcelaine » ont été très tendus. A croire quelle n’avait pas été parcourue ces derniers jours ? Il m’a fallu faire le ménage sur une épaisseur d’une trentaine de centimètres pour trouver une glace homogène et poser une broche solide…. sauvé par le gong… Et le tout sous la douche !
6 longueurs, relais équipés pour le rappel, sur rochers ou arbres. Cotations variables selon les conditions : IV / IV+ (V pour la sortie de la colonne ce jour)
Pour Didier et Régis c’était leur première grande voie en glace. Bravo à eux, ils ont été au top, car la glace n’était vraiment pas facile.
Encore une vraie sortie « d’initiation » comme on les aime.