El Capitan – The Nose – Yosémite – États-Unis – Octobre 2002

El Capitan

Sommet californien symbole de l’alpinisme américain !

Taillées au biseau par les glaciers à travers le plateau granitique de la Sierra Nevada, ses impressionnantes parois verticales (jusqu´à 1000 mètres
sans rupture de pente) gardent l’entrée de la magnifique vallée du Yosémite.
Creusot de l’escalade moderne et paradis du grimpeur, la vallée compte de célèbres et impressionnantes parois comme le Half-Dome et sa magnifique face NW, Washington Column, Cathedrals

Néanmoins, aucune n’allie, comme la grande face sud d’El Cap, l’énormité des dimensions à une raideur sans concession.
Ici l’escalade demande des techniques et une approche logistiques différentes de celles que nous connaissons en Europe, connue des Américains sous le nom de « Big Wall Climbing« , et dont les premières expériences remontent aux temps des premières ascensions du Nose à El Cap et de la Regular NW Face au Half-Dome.
Le « Big Wall Climbing » a été imposé par les conditions très spécifiques de l’escalade au Yosémite : le rocher est un granit très lisse et très compact, qui oblige souvent à recourir à l’escalade artificielle, et dont les fissures qui se perdent dans d’immenses dalles rendent les pendules obligatoires. La progression en est donc ralentie et, considérant les dimensions de la face, on ne peut compter – pour la majorité des voies et des cordées – un séjour de moins de 3 jours en ses murs.
Le couchage est un point délicat du fait de l´extrême rareté des plate-formes naturelles : on doit souvent emmener son portaledge, un rudimentaire matelas de toile et de tubes d´aluminium. 

Enfin, si le climat est clément et très stable (pas besoin d´équipements haute-montagne), la forte réverbération du granit blanc et l’exposition continue au vent très sec exigent au minimum quatre litres d’eau par jour et par personne, avec ses conséquences sur le poids des sacs.

Les meilleures périodes sont le printemps et l’automne. L’été, les faces sud sont à  proscrire.


La première ascension de la grande face d´El Cap date de 1958 et se fit par son pilier sud, formé par la jonction des face sud-est et sud-ouest et qui porte le nom de Nose (le nez). Elle demanda 45 jours d’effort répartis sur un an et demi. Les grimpeurs légendaires Warren Harding, Wayne Merry et George Whitemore utilisèrent 675 pitons dont certains de grande largeur fabriqués spécialement et 125 pitons à expansion.
La première répétition du Nose fut effectuée dans le temps hallucinant de 7 jours en 1960 par Royal Robbins, Tom Frost, Joe Fitschen et Chuck Pratt, en réponse aux moyens himalayens déployés par les premiers ascensionnistes.
Dans ce même esprit, ils ouvriront dans un style alpin l’autre grande ligne naturelle d’El Cap, le Salathé Wall qui se balade dans les précipices de la
face Sud-Ouest.
Malgré de nombreuses tentatives masculines (Jardine, Bachar, etc.) il faut attendre 1999 pour qu’un homme, ou plutôt une femme, libère le Nose. Lynn hill repoussa les limites du libre et commenta « Ce qu’un homme n’a pu faire, une femme peut le faire ». Elle en réalisera même l’ascension dans la journée !
Des grimpeurs jaloux justifieront leur humiliation par les fissures si fines que seule la main d’une femme peut y pénétrer. Le mythe de Cendrillon…
Après le Nose et Salathé, suivront d’autres itinéraires de la fin des années 60 : les grandes aventures de Dihedral Wall, North American Wall, et le Wall of the Early Morning Ligth en 27 jours d’escalade d’affilée, sans liaison avec le sol !!! les années 70 resteront l´âge d´Or de l´escalade
artificielle avec les horreurs (devenues classiques depuis) en A4 / A5 du mur Sud-Est.

…….

Nous : Clément, Matthieu, Xavier (grimpeurs de pointe) et Michel (photographe embarqué !) avons gravis le Nose de façon classique en 3 bivouacs et en hissant deux gros sacs en forme de bidon de 50kg chacun (eau, vêtements, bières et nourriture).

Ambiances et paysages de notre séjour

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