Depuis le plateau matheysin, l’Obiou en impose par sa silhouette de cathédrale, de forteresse aux accents dolomitiques.
Magnifique, majestueux, intimidant, l’Obiou ne laisse personne indifférent ! Sa voie normale est loin d’être facile. Le port du casque est vivement conseillé, tout particulièrement pour accéder au col entre le Petit et le Grand Obiou.
Pour rejoindre le sommet, j’aime emprunter les Feuillets : une escalade courte, peu difficile, mais tellement spectaculaire !
Pour le retour, la descente par les Chatières s’impose comme une évidence. Après un premier passage étroit, où il est préférable de retirer le sac, suivent deux autres passages par des trous que l’on désescalade en opposition.
L’enchaînement Feuillets-Chatières est aussi ludique qu’impressionnant et peut réserver quelques belles émotions à l’apprenti montagnard !
En résumé, quelques soient les itinéraires empruntés, cette montagne ne laisse jamais indifférent !
Aujourd’hui, Pascale et Samuel ont gravi l’Obiou pour la première fois. Un grand merci à eux pour tous ces beaux moments partagés !
En 2015, avec Clément nous avions réalisé l’ascension de la face nord du Piz Badile ouverte par Riccardo Cassin en 1937. L’année suivante ce fut au tour de la face nord des Grandes Jorasses par l’éperon Walker également ouverte par Ricardo Cassin en 1938. Et c’est là que l’idée m’est venue de gravir une troisième paroi parmi les chefs-d’œuvre de l’immense Riccardo Cassin, un peu comme une trilogie et cela a été pour moi une bonne source de motivation.
Pourtant, je dois l’avouer, ces derniers temps le doute s’est installé, mes forces déclinant peu à peu avec le grand âge qui approche inexorablement : il ne fallait plus tarder. Aujourd’hui, avec l’aide et les encouragements de mes deux guides, Lise et Clément, j’ai pu réaliser ce projet. Lise et Clément, les pieds bien au chaud dans leurs baskets, ont avalé « au pas de charge » les vingt longueurs de la voie.
A cause des températures négatives, en chaussons j’ai frisé l’amputation. Malgré le « boulet » que je représente, nous n’avons passé que 6 h 30 dans la voie.
Parmi les célèbres Tre Cime di Lavaredo (Picolissima, Grande, Ovest) la Cima Ovest (2 973 m), fut la dernière des trois à être gravie par le versant nord, en raison des difficultés considérables qu’elle opposait aux grimpeurs.
C’est une paroi très verticale avec des passages particulièrement impressionnants. Le « crux », est sa célèbre traversée horizontale sur la gauche d’environ 80 mètres, spectaculaire, engagée et exposée.
Un grand merci à Lise et à Clément pour leur aide, leurs encouragements et leur énergie… qui m’ont permis de retourner une dernière fois sur les traces de l’immense Riccardo Cassin.
N’oublions pas que Cassin, petit par la taille, mais immense par l’énergie, la volonté et le courage a escaladé toutes ces grandes parois la corde nouée autour du ventre !
Le Pic Grillon au printemps depuis le parking du belvédère de la croix
Au bout du plateau de Pellafol, un belvédère est signalé par une croix blanche métallique. C’est ici que se dévoile, dans toute sa verticalité, la face nord/nord-ouest du Pic Grillon.
Avec son allure de clocher élancé, on pourrait facilement l’imaginer perdu au cœur des Dolomites, où il aurait sans doute mérité le nom de « Campanile ».
En hiver, au soleil couchant, le spectacle est saisissant. Les derniers rayons viennent illuminer ses parois tandis que, de part et d’autre, le Pic Pierroux et la Montagne de Faraut dressent leurs sommets enneigés. Dans ce décor, le Pic Grillon attire irrésistiblement le regard.
Pourtant, cette belle paroi n’est pas qu’un décor.
En 1973, une voie d’escalade y a été ouverte. Un itinéraire engagé, non équipé, suffisamment sérieux pour imposer à ses premiers ascensionnistes un bivouac sur hamac, suivi d’une traversée sans retour possible. Autant dire que, jusqu’à présent, je ne m’étais jamais imaginé y mettre les chaussons…
Et puis ce printemps, au hasard d’une randonnée vers le Col de l’Aup, au départ du hameau des Hauts Gicons, je découvre le Pic Grillon sous un tout autre angle.
Surprise, le sommet n’a plus du tout le même visage. Alors que sa face nord/nord-ouest paraît presque inaccessible, cet autre versant se montre étonnamment accueillant ! Il suffit finalement de remonter quelques pentes d’herbe raides pour accéder au sommet.
Pourtant, l’accès n’est pas aussi immédiat qu’il y paraît. Au départ du Col de l’Aup il faut remonter une croupe herbeuse, soutenue par un épaulement de mauvais rocher, délité et peu engageant. Ce n’est qu’en approchant du haut que l’on découvre une fine sente, exposée mais brève, qui permet de franchir ce passage clé. Au-delà, quelques pentes herbeuses, conduisent sans difficulté au sommet. Le passage n’est pas si évident à trouver, aussi j’ai fait un cairn et ma trace téléchargeable ci-jointe vous sera utile.
Comme quoi, en montagne, il suffit parfois de changer de point de vue pour découvrir qu’un sommet qui semblait inaccessible possède aussi son chemin caché vers les hauteurs !
Remarque : c’est une balade que l’on peu coupler avec les sommets du Gigon et du Pic Pierroux tout proches !
En rouge, le tracé « approximatif » qui mène au sommet nord de l’Olan
Le Trail de l’Olan
Malgré un nombre limité d’inscrits, nous sommes finalement trois au départ de cette première édition du Trail de l’Olan, une aventure qui s’annonce déjà hors du commun.
L’itinéraire est aussi ambitieux que spectaculaire : gravir le mythique Olan par son arête nord, puis descendre par la voie normale en face sud, via la Brèche Escarra.
Le départ est donné au Refuge deFont Turbat, avec une arrivée à La Chapelle-en-Valgaudemar, en passant par le Refuge de l’Olan. Le parcours traverse quelques-uns des lieux les plus emblématiques du massif : le Lac des Pissoux, la Brèche Carrée, la Diaclase, le sommet nord de l’Olan, la Brèche Escarra, le Glacier de l’Olan et, bien sûr, le Refuge de l’Olan.
Si l’escalade reste relativement abordable sur le plan technique, l’exposition est souvent permanente et impose une concentration de chaque instant. La recherche de l’itinéraire est complexe, avec de nombreux passages où seule une solide expérience du terrain alpin permet de progresser sereinement.
Je pourrais rajouter que dès le départ du refuge la recherche de l’itinéraire n’est pas simple !
Un itinéraire sauvage et engagé d’autant plus si l’on ne connaît pas la descente par la voie normale, voie Escarra !
Dès le lever du jour, le décor est planté. Un ciel chargé, quelques coups de tonnerre, un vent soutenu… Tous les ingrédients sont réunis pour vivre une aventure dont nous nous souviendrons longtemps.
Les participants : l’infatigable Alexis, le bouillonnant Pascal et l’ancêtre à la belle moustache, Michel.
La traversée des Arêtes de la Bruyère (2611m) est une belle course classique du Massif des Cerces avec une vue magnifique sur le Grand Lac, face au Massif des Écrins.
L’escalade est aérienne, peu équipée et se déroule souvent sur le fil de l’arête. Sans être vraiment difficile, il faut savoir poser ses protections (plutôt des grandes sangles, coinceurs et friends) et surtout tout du long trouver le bon itinéraire ! Il y a plusieurs petits rappels, de courtes désescalades et la traversée peut s’avérer quelque peu longuette si l’on pignole dans les manips de cordes. Un brin de 50m suffit.
Comme aurait dit le grand Gaston Rébuffat : “C’est une course où l’apprenti montagnard devient Alpiniste” !
Cette traversée a été ma toute première course d’escalade en 1973. Je suis revenu au fil du temps en famille et, ces dernières années, avec l’un de mes petits-enfants, puis avec des amis.
Cette arête est devenue bien plus qu’un itinéraire de montagne, elle est un lieu de transmission, de souvenirs et de fidélité. Chaque traversée me rappelle le chemin parcouru et les personnes qui l’ont partagé avec moi.
Aujourd’hui avec Alexis nous étions seuls, nous avons été chahutés tout du long par le vent du nord. Certes ce n’était pas la Patagonie mais quelle ambiance !!!