Record d’affluence pour cette sortie familiale au Lac de la Courbe. Difficile parfois de gérer les gestes barrières et d’échapper aux aérosols sournois dans la trace de montée !
Ciel bleu et neige excellente ont fait oublier les rafales patagoniennes sur la longue, longue croupe sommitale. Arrêt express et dépeautage délicat au sommet.
Un regret collectif : pour une fois qu’il y a de la neige en quantité à l’Alpe du Grand Serre… saleté de Covid
2021 restera un très bel hiver pour les glaciairistes qui, le temps d’une ascension, oublient le Covid !
En versant nord, entre le hameau des Fréaux et le village de la Grave, une bonne vingtaine de cascades se forment tous les hivers.
Avec Guilhem, Pierre-Henri et Sylvain, nous partons pour deux valeurs sûres : Diabolobite et Colère du Ciel.
Arrivés au pied de Colère du Ciel, nous remontons sa première longueur jusqu’à un relais sur arbre. Ensuite par une traversée horizontale d’une centaine de mètres sur la gauche, nous rejoignons un couloir de neige que nous suivons jusqu’au pied du premier ressaut de Diabolobite.
L’escalade du cigare alimenté par une perfide douchette provoqua une onglée phénoménale et invalidante chez certains… Mais quelle ambiance ! Encore une longueur plus tranquille et nous voilà au sommet.
Ensuite nous descendons en un rappel et rejoignons par une traversée descendante sur la gauche le pied des deux très belles longueurs terminales de Colère du Ciel.
C’était la reprise pour certains, mais la cascade c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas !
Partis pour le Rognon, sommet qui domine le col de la Croix Haute, nous descendons le Buech, chassés par les nuages.
Nous envisageons un repli vers le Champsaur, mais en passant à la Roche des Arnauds, nous voyons le panneau « Céüse 6km ». Pour moi Céüse rime avec « escalade » et l’idée de se balader à ski dans ce temple de la grimpe me parait tout à fait plaisante.
Nous avons un peu beaucoup sous-estimé les distances sur cette montagne qui en fait est très vallonnée avec des ravins à éviter. La neige à la descente se révéla immonde, une alternance de vaguelettes, de croutes cassantes et de neige soufflée.
Le retour fut tardif et hâtif surtout en ces temps de couvre- feu…
Pour une fois que l’on a de la neige en quantité chez nous, on reste dans nos « Bobosses » ou « Quatre mille du Beaumont » réputées pour leurs pentes débonnaires par risque 4.
Laquelle choisir ? plouf, on ira à Côte Rouge… avec comme surprise, un vent violent sur la crête !
Départ du col de Parquetout, puis montée au Clos de l’Alpe. A la hauteur du Puits de Jacob, rejoindre la crête de Côte Rouge et son sommet. Descente en rejoignant le col de la Lière et par le Ruisseau de l’Alpe, retourner au Clos de l’Alpe. La boucle est bouclée !
Escalader une cascade de glace c’est toucher au monde de l’éphémère.
La durée de vie d’une cascade de glace peut varier de quelques jours à plusieurs semaines, puis disparaître inexorablement sous l’effet du réchauffement ou s’effondrer, voire exploser sous l’effet d’une subite montée en eau du torrent qui l’alimente. Si la plupart des cascades se forment régulièrement toutes les années, d’autres ne le sont qu’exceptionnellement.
La cascade de la Combe de la Draye fait partie de la catégorie des « supers éphémères » qui, à peine formées, commencent déjà à se dégrader et à disparaître parfois en quelques heures… Pour la gravir il faut arriver au bon moment. D’autres peuvent rester en place pendant des mois, du début de l’hiver jusqu’au printemps, comme par exemple « Colère du Ciel » à la Grave.
Sous l’effet d’une période de froid l’eau se fige pour former des structures très variées d’une grande beauté. La glace peut être lisse mais aussi très sculptée et prendre de multiples formes comme les stalactites, colonnettes, pétales, dentelles, rideaux, méduses, toutes plus ou moins fragiles… Il est à noter que l’on retrouve les mêmes concrétions dans les grottes calcaires. Elles mettent par contre plusieurs milliers d’années à se former !
La cascade de la Combe de la Draye, c’est Mathieu, montagnard et alpiniste habitant du village d’Entraigues qui l’a découverte par hasard et qui m’a communiqué des informations. Un grand merci à toi Mathieu.
Difficulté 3/3+/4 selon l’état et l’épaisseur de glace
Hauteur 30m, plus 10m pour le relais à un arbre, équipé désormais d’une sangle et d’un mousqueton pour la descente
Approche : Compter entre 20 à 30 minutes. Départ du parking de l’école d’Entraigues par le sentier de la Tête du Vet, puis rapidement tout droit dans un pré suivi de petits bois. Il faut garder la Combe de la Draye main droite jusqu’à une courte barre rocheuse. On la remonte jusqu’à une vague sente horizontale, que l’on emprunte sur la droite jusqu’à la cascade que l’on aperçoit enfin. J’ai joint ci-dessous la trace GPS téléchargeable