Maurice, fringuant octogénaire du Nord-Isère, revient pour sa grimpe annuelle dans les voies de la mythique Dalle de Chantelouve.
Pour ces retrouvailles, nous enchainons Odysseus et Les Fays, un ensemble de 8 longueurs au total. Descriptions et cotations disponibles dans les futurs topos à paraitre. Encore une fois merci aux ouvreurs et tout particulièrement à Pascal Huss, guide à la Mure.
Matthieu à 7 ans faisait son premier grand sommet : le Pic Coolidge (3775m). Aujourd’hui, 38 ans plus tard, à son tour il emmène son fils Joseph, 10 ans, accompagné par sa Mamette et son Papé qui fera les photos.
Le Pic Coolidge est un sommet initiatique unique, le terme n’est pas galvaudé, pour les raisons suivantes :
Tout d’abord l’ascension de sa voie normale depuis le Refuge de Temple Écrins (2410m) est accessible au plus grand nombre, du moment que l’on est habitué aux longues marches et que l’on a quelques notions d’escalade et de cramponnage en terrain facile.
Ensuite en débouchant au Col de la Temple (3321m) on découvre médusé un alignement vertigineux de grandes faces nord : Pelvoux, Pic Sans Nom, Coup de Sabre et AilefroidesOrientale, Centrale et Occidentale. Ces faces nord qui plongent de quelques 1000m au dessus du Glacier Noir, j’ai eu la chance et le bonheur de les gravir avec mes fils Matthieu et Clément dans les années 90. J’ai toujours trouvé une similitude frappante avec les autres grandes faces nord du Glacier d’Argentière dans le Massif du Mont-Blanc.
Enfin au sommet du Pic Coolidge on se trouve tout près de l’immense face sud de la Barre des Écrins, point culminant du massif, souvent parcourue en famille.
Pour tout cela : bravo et merci Joseph. Du haut de tes 10 ans, tu as été formidable !
L’ombre du Mont Aiguille portée sur les Rochers du Parquet
Lors de l’ascension du Mont Aiguille avec mes petites-filles cinq jours plut tôt, j’ai eu envie d’y retourner seul pour un bivouac sous les étoiles, avec coucher et lever du soleil. J’ai été totalement émerveillé par ces instants magiques.
Coucher du soleil sur les Rochers du ParquetLever du soleil sur les Écrins
Les bouquetins m’ont tenus compagnie.
En fin d’après-midi, 3 grimpeurs ont débouché sur le plateau pour passer également la nuit au sommet sous tente ! Nous avons tout de suite sympathisé. Le lendemain nous sommes descendus tous ensemble par le circuit de l’Arche.
Emma et Elsa devant le versant sud du Mont-Aiguilleaperçu depuis le hameau de Richardière
Le Mont Aiguille (2087m), appelé également Mont Inaccessible, est l’une des sept merveilles du Dauphiné.
Aussi l’ascension de sa voie normale est devenue, au fil des ans, une tradition familiale à laquelle il est difficile d’échapper. Après leurs parents, c’est le temps des petits-enfants. A leur tour, Emma et Elsa 15 ans et 13 ans ont gravi avec brio la cime herbeuse de cette montagne mythique.
De gauche à droite : Le Pic Gaspard, le Pavé, la Meije et le Râteau. Photo prise à proximité du refuge du Goléon en juin 2018
Mon fils Clément et son ami Mathieu, tous deux guides de haute-montagne au Bureau des Guides des Écrins (dont Mathieu est le président) ont réalisé les 11 et 12 août l’interminable traversée Râteau/Meije/Pavé/Gaspard en une petite journée et demie. En voici le récit par Clément :
« Partis sur la traversée Râteau-Meije-Pavé-Gaspard, nous décidons le matin même d’une option bivouac, toujours agréable pour s’immerger dans une grande envolée alpine.
Départ à 15h de la benne des Ruillans, nous rejoignons rapidement le Râteau Ouest. De là nous suivons l’arête jusqu’au sommet Est, la suite est rapide sur le glacier et finalement la Brèche de la Meije. Nous poursuivons par l’arête Ouest de la Meije avec des passages magnifiques, profitant du soleil jusqu’au bivouac du Glacier Carré. Il est 20h30, nous avons mis 5h30.
Après une nuit bercée par un vent fort, nous nous remettons en route à 6h.
6h45 nous sommes au sommet de la Meije et retrouvons 2 alpinistes qui ont dormi au sommet.
7h15 nous sommes au sommet du Doigt de Dieu, la traversée aura été facilitée par la neige et une bonne trace sécurisante.
Il nous faudra 1h30 pour rejoindre la Meije Orientale, le rocher est pourri. Nous terminerons en mixte par le versant Nord.
8h45, nous descendons vers le Pavé, le passage est nettoyé et nous avançons rapidement de nouveau, c’est agréable.
Du sommet du Pavé au col de l’Ourson, la traversée est sauvage et l’ambiance superbe avec le Glacier de l’Homme en contrebas. Un ultime rappel de 40m plein gaz versant sud nous amène au col.
L’ascension du Pic Gaspard est très sauvage et le terrain délicat. Le dièdre du grand ressaut demande beaucoup de concentration et nous prenons notre temps pour ne pas faire d’erreur.
La suite est facile mais le terrain exige encore de la vigilance, il est 13h quand nous sommes au sommet du Pic Gaspard.
Heureux de contempler la distance parcourue, nous restons 30 minutes puis descendons les gradins rapidement. Un unique rappel de 25m nous dépose sur le glacier. Nous entamons une rapide descente en ramasse puis enlevons les crampons. Un dernier rappel de 20m en rive droite nous emmène sur des dalles moutonnées. Vigilance toujours de mise, nous retrouvons enfin un terrain abrupt en herbe. C’est le début des Pichettes. Nous suivons les kairns et un itinéraire improbable pour enfin arriver sur le sentier du Pavé. Nous savons que la course est gagnée !
Nous arriverons à 17h à la voiture garée au pied du Col.
Se retrouver avec Mathieu en haute montagne en pleine saison nous fait réaliser la chance de partager la montagne en amateur. Le rythme et notre vitesse d’évolution est grisante. La confiance et notre entente commune, en plus de notre amitié, aura rendu ce voyage incroyable, merci à Mathieu. »